Mamzer, Nous nous sommes battus pour lui.

Photo IA

Derrière certaines décisions des tribunaux rabbiniques, il n’y a pas seulement un dossier. Il y a la vie d’un homme.

Son droit de se marier. Sa possibilité de fonder une famille. L’avenir de ses enfants. Et, surtout, la possibilité de vivre sans porter sur ses épaules une situation dont il n’est en rien responsable.

Il y a environ six mois, un jeune homme de 25 ans, issu d’une communauté juive d’Amérique du Sud, m’a contactée.

Quelques mois seulement avant son mariage, il a découvert que les rabbins de sa communauté refusaient d’enregistrer son mariage en raison d’un sérieux doute de mamzerout lié aux circonstances de sa naissance.

Sa mère était alors séparée de son mari, mais n’avait pas encore reçu son guet, le divorce religieux juif. Tant que le guet n’a pas été donné, une femme mariée reste, selon la Halakha, eshet ish et une naissance intervenue pendant cette période peut soulever une question de mamzerout.

Un phénomène beaucoup plus répandu qu’on ne l’imagine

Je reçois de nombreuses demandes de familles et de rabbins qui sollicitent mon aide dans des dossiers de suspicion de mamzerout.

Il est important de le dire : ce phénomène est beaucoup moins marginal qu’on ne pourrait le penser.

Dans certaines communautés juives, notamment dans plusieurs pays d’Amérique du Sud et dans d’autres régions du monde, ce type de situation est plus fréquent, notamment en raison de réalités familiales et communautaires complexes.

Mais précisément parce que ces dossiers sont d’une extrême sensibilité, je n’accepte pas automatiquement toutes les affaires qui me sont confiées.

Les dossiers de mamzerout comptent parmi les plus complexes que je connaisse, tant sur le plan halakhique que sur le plan humain.

La responsabilité est immense. Une erreur peut avoir des conséquences sur la vie entière d’une personne, et potentiellement sur les générations qui suivront.

C’est pourquoi chaque demande fait d’abord l’objet d’une évaluation préliminaire approfondie.

Je ne prends un dossier que lorsque j’identifie une possibilité réelle de trouver une issue halakhique.

Et même dans ce cas, je ne promets jamais de résultat.

Dans un dossier de mamzerout, personne ne peut garantir l’issue. Ce que l’on peut garantir, en revanche, c’est de mener le travail de recherche, d’analyse et de vérification avec le plus grand sérieux.

En tant que professionnelle du droit de la famille, je sais à quel point il est important de conserver une certaine distance émotionnelle.

Mais dans ce type de dossier, il est difficile de rester indifférent.

Plus j’entrais dans les détails de cette affaire, plus je découvrais des questions essentielles qui n’avaient pas été examinées jusqu’au bout.

Des documents. Des circonstances. Des témoignages.

J’ai alors compris qu’un jeune homme risquait de rester sous le poids d’un doute de mamzerout, non pas nécessairement parce que tel était son véritable statut halakhique, mais parce que l’ensemble des éléments n’avait peut-être pas encore été suffisamment éclairci.

Après de nombreuses hésitations, j’ai décidé de me lancer dans ce combat.

Et je peux le dire sincèrement : ce dossier ne m’a pas laissée tranquille pendant près de six mois.

Puis nous sommes arrivés devant un tribunal rabbinique en Israël

À un certain moment, le dossier a finalement été soumis à un tribunal rabbinique en Israël. Là, les dayanim comprennent  l’ampleur de la responsabilité qui leur incombe.

Dans ce type de dossier, l’approche ne peut pas être :

« Nous avons trouvé un doute, l’affaire est terminée. »

C’est précisément l’inverse.

Lorsqu’une question halakhique peut déterminer l’avenir d’une personne, il faut examiner s’il existe, au sein même de la Halakha, une autre possibilité.

Il ne s’agit pas de contourner la Halakha.

Il ne s’agit pas de l’ignorer.

Il s’agit d’aller au cœur de la Halakha et d’examiner toutes les possibilités qu’elle permet elle-même.

C’est, à mes yeux, l’une des grandes forces de l’enseignement et des décisions de Maran Rav Ovadia Yossef, zatsal : cette volonté profonde de ne pas renoncer à un Juif et cette détermination à travailler, rechercher et approfondir afin de trouver une solution halakhique véritable et conforme.

Même lorsque nous avons apporté un témoignage déterminant, les dayanim ont continué à chercher

À un certain moment, nous avons réussi à obtenir un témoignage particulièrement important, qui semblait pouvoir constituer la pièce maîtresse permettant de faire avancer le dossier.

Même après avoir apporté ce témoignage central, les dayanim ont poursuivi leurs vérifications.

Nous avons ensuite découvert un autre témoignage supplémentaire et significatif qui a contribué à permettre la décision halakhique et à lever le doute,

Je tiens à remercier tous ceux qui ont œuvré dans l’ombre : les dayanim, les rabbins, les membres des communautés, les femmes et les hommes qui ont consacré leur temps à vérifier chaque détail et à reconstituer le puzzle de vies bouleversées afin que ce jeune homme puisse poursuivre sa vie

Car derrière ce mot terrible de mamzer, il peut y avoir un jeune homme de 25 ans.

Un homme qui n’a pas choisi les circonstances de sa naissance.

Un homme qui n’a joué aucun rôle dans ce qui s’est passé avant sa naissance.

Un homme dont le souhait est finalement d’une simplicité absolue : De marier et fonder un foyer en Israël.

Dans ce dossier, après près de six mois de travail acharné, j’ai aussi enfin pu respirer. Et surtout, savoir qu’un jeune homme qui était venu me voir, bouleversé devant la découverte d’un passé inconnu puisse aujourd’hui se marier et fonder sa famille.

C’est pour ces moments-là que, malgré le poids et la complexité de ces dossiers, je continue à les traiter. Parce qu’il ne s’agit jamais seulement d’un dossier.

Il s’agit d’une vie.

 

Yom Hashoah : À la recherche des personnes perdues

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« Il est 16 h 45. Vous écoutez Kol Israël. Yaron Énoch au micro, pour notre rendez-vous quotidien, À la recherche des personnes perdues. » Chaque jour, avec sa voix grave et rauque, Yaron Énoch se fait messager d’une espérance.  Calme, acharné, têtu, Yaron Énoch prend son temps. Un journaliste d’antan. Un puriste enragé de précision et d’honnêteté.  Avec l’aide de son équipe, il sonde les appels de ceux qui cherchent. Il doit aussi pénétrer, parfois débusquer les réponses de ceux qui espèrent avoir enfin été retrouvés. Des bouteilles à la mer ? Pas vraiment : les messages qui parviennent à Yaron Énoch ne sont pas jetés au hasard des flots médiatiques. Le journaliste ne le dit pas, mais il est fier de pouvoir donner un espoir. Même si c’est souvent en vain.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, À la recherche des personnes perdues tente d’identifier des parents, des amis emportés dans la tourmente de l’histoire juive. Créée avant même la naissance de l’État d’Israël, l’émission radiophonique est devenue un mythe.

La Shoah fut un sujet tabou jusque dans les années 1950. L’oubli était un choix — un code social, presque un mot d’ordre jamais exprimé. Mais pour se souvenir, les rescapés avaient l’intimité du petit  poste de radio. Seul avec son transistor, le survivant de l’enfer écoutait d’autres rescapés anonymes raconter leur quête d’êtres chers. Certains avaient perdu jusqu’au dernier membre de leur famille, d’autres leurs enfants, leur conjoint, leurs parents. Le survivant entendait des noms, des prénoms, des lieux, des dates. L’identification apaisait la douleur. Beaucoup préféraient écrire. Un organisme officiel centralisait les demandes de recherches : deux mille lettres en 1945, vingt mille en 1946.

Interrompue dans les années 1970 — « le temps passant, le besoin s’estompera », avaient estimé les producteurs —, l’émission a été de nouveau programmée au début des années 2000. De prime abord rébarbative, l’émission bénéficie d’un fort taux d’écoute. Ce quart d’heure radiophonique est une expérience identitaire collective qui plonge l’auditeur dans le passé de son peuple. Et qui l’interpelle aussi sur l’avenir. En l’écoutant, on pourrait écrire l’histoire du peuple hébreu égaré.

À la recherche des personnes perdues n’est pas de la téléréalité. Un jour, une rencontre sur les ondes entre un père et son fils — ils se cherchaient depuis cinquante ans — a failli s’achever par une crise cardiaque. Depuis, les rencontres, souvent pathétiques, toujours émouvantes, sont racontées à l’antenne, mais se déroulent loin des micros.

Les demandes de recherche de personnes disparues pendant la Shoah se poursuivent encore aujourd’hui. Est-ce un signe ? Aujourd’hui, les enfants et petits-enfants des victimes — les deuxième, troisième et quatrième générations de la Shoah — veulent combler à leur tour les trous noirs du passé. Qu’ils aient dû attendre près de soixante dix ans pour questionner ajoute à la difficulté de leur recherche, mais ne retire rien à son authenticité.

Ils ont hérité des traumatismes. Ils savent que c’est l’occasion ultime d’approcher une histoire occultée par leurs parents. Leurs demandes se font plus pressantes, plus urgentes, comme si le temps, au lieu d’apaiser les blessures et permettre l’oubli salvateur, amplifiait le regret de ne pas savoir. Chercher avant que la trace d’un être cher soit engloutie à jamais. Un être sans nom, sans mémoire, sans souvenir. Chercher avant qu’il n’y ait plus personne à chercher, plus personne pour raconter, plus personne pour répondre.

Le Pessah de Nathan Sharansky

 

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Où l’homme se sent-il libre ? Dans les rues colorées, turbulentes, avenantes de Jérusalem, de Tel Aviv, d’Israël, cette veille de Pessah, ou dans un cachot noir et glacial au fond de la Sibérie ?

Cette question étrange a été posée par Nathan Charansky. L’ancien prisonnier de Sion, raconte sur la Channel Two de la télévision israélienne, à la journaliste Sivan Rahav Meir,  Pessah en Sibérie, dans la prison soviétique.

” Je n’avais pas de matzot, pas de livre de la Hagada de Pessah. J’étais au fond d’un cachot avec d’autres juifs. Alors j’ai passé la nuit à raconter l’esclavage et la liberté, la sortie d’Egypte. Nous avons tous senti  la liberté. Au fond de ce cachot, en racontant la liberté de nos ancêtres, nous devenions libres, au plus profond de nous mêmes.

Dans un cachot, les choses sont nettes, presque limpides. Du noir et du blanc. Facile de définir le bon et le mal. Facile de différencier le gentil du méchant. Nous étions du côté des bons, d’un peuple avec un passé, héritiers d’hommes qui ont su acquérir la liberté.

Dans la société moderne,  la lutte pour la liberté est un combat âpre. Face à des tentations multiples, à des jougs de toutes sortes, l’homme méne un combat héroïque pour gagner sa liberté, pour réussir à être  ben ‘horin, pour acqyérir ce sentiment de plénitude qu’est la liberté, la vraie.”

HARNIK NATIPhoto GPO Harnik Nati, Nathan Charanshky le 2 novembre 1986, à son arrivée en Israël, avec sa femme, Shimon Pérès et Itshak Shamir.

Mea Shearim

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Méa Shéarim a été maintes fois photographié. L’effervescence des rues, les immenses centres d’études talmudiques, les minuscules et ancestrales yéshivot, les mikvés d’antan, le tisch des rabbis, les hommes, portant chapeau et calotte noirs, les femmes aux longues robes poussant des poussettes, entourées par une ribambelle d’enfants, et celles au foulard noir, tout attire le regard du photographe.

Cette fois, c’est une jeune-femme française, Raphaëlle Abib qui photographie Méa Shéarim et qui expose à Jérusalem. Le regard est très particulier. Je lui laisse la parole :

J’ai découvert le quartier de Mea Shearim lors de mon premier voyage en Israël. Soudain, j’ai eu envie d’aller vers l’inconnu, vers cette communauté qui vit selon ses propres codes, hors du temps et de notre modernité. Les habitants de Mea Shearim représentent aussi un visage du judaïsme qui m’est étranger et m’interpelle. Je n’ai pas l’habitude de photographier des inconnus, encore moins des personnes avec lesquelles je ne peux communiquer par les mots. J’ai volontairement choisi de travailler avec un objectif 50mm, qui oblige à faire des plans serrés. Pour réaliser certaines prises de vue, j’ai voulu affronter tantôt l’hostilité d’un regard, tantôt un geste de refus ou des paroles dont le ton se voulait blessant. J’ai senti combien tout regard étranger est vécu comme une tentative d’intrusion inacceptable. J’ai voulu braver l’interdit, pour tenter de lever un petit coin du voile, sur ces êtres qui traversent les rues de ce quartier de Jerusalem avec une détermination sans faille. J’ai aimé les saisir pendant ce moment unique de Pessah, où les couleurs, les rituels, les symboles, sont encore plus forts. De ce face à face, que sans mon appareil photo je n’aurais pas osé vivre, je suis sortie différente.

 

Raphaëlle Abib – Série de 23 photographies 61×51 cm, impressions pigmentaires sur papier Fine Art Hahnemühle Baryté 315 g. Edition limitée à 6 exemplaires, numérotée et signée. Prix de chaque photographie encadrée: 850 us$ ou 3000 NIS

31 mai – 28 juillet 2016

Municipality Gallery Jerusalem, 17 rue Yaffo

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Et si nous chantions un poème ashkénaze du XIe siècle…

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La Bibliothèque nationale d’Israël présente cette semaine un parchemin unique d’un poème liturgique datant du XIe siècle. découvert en Allemagne et rénové depuis plusieurs mois par les chercheurs de la Bibliothèque.

Dans un hébreu  châtié, avec un ton emphatique, poétique et lyrique, le rav Menahem Ben Makir, un des premiers poètes liturgiques du monde ashkénaze décrit le service sacerdotal pendant la fête de Souccot et surtout le pèlerinage vers Jérusalem, les hommes, les femmes, la foule, l’émotion.

L’évènement est majeur, explique le directeur de la Bibliothèque nationale; ce n’est pas un simple parchemin, comme nous en recevons chaque semaine à la Bibliothèque. A travers ce poème, l’écriture, les formules, c’est toute la naissance de la liturgie ashkénaze que nous découvrons. Il faut se rappeler qu’à cette époque, le tout début du XIe siècle, le monde juif ashkénaze n’était encore qu’au tout début de son éclosion.

Plusieurs jeunes artistes et compositeurs ont été conviés pour proposer des mélodies. L’objectif, faire revivre cet écrit juif antique.

Et pourquoi pas le buzz des prochains mois. Ety Ankri avec les poèmes de Yehuda Halevy et David D’or avec les Psaumes de David n’ont-ils pas donné l’exemple.

 

Le mariage de Mea Shearim et National Geographic

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Le mariage de Mea Shearim emporte le second prix du prestigieux concours de photos de National Geographic.

Chaque année, les photographes du monde entier capturent des images à travers la planète en espérant emporter le prestigieux prix du concours de photos du National Geographic. Cette année, 18.000 clichés ont été envoyés par des photographes amateurs et professionnels. Le jury a désigné les grands gagnants du cru 2014.  Le deuxième prix revient à la photographe polonaise, Agnieszka Traczewska qui depuis des années photographie avec art et sensibilité les communautés ultraorthodoxes en Israël et à travers le monde. Certainement parmi les plus belles photos d’art sur ces communautés.

Cette photo a été prise après la cérémonie du mariage, lorsque le couple s’isole pour la première fois, raconte  Agniezska, Pour moi, elle raconte tout un monde, l’émotion d’une première rencontre, l’espoir d’une union, l’amour et la timidité, et aussi la crainte de quitter sa mère et le monde de son enfance.

Dan Westergren, un des membres du jury explique ainsi le choix de cette photo «La photographie est un outil puissant qui d’un côté montre les différences entre les hommes de la planète, mais de l’autre, dévoile l’universalité des sentiments.  Dans cette photo du mariage juif, le chapeau de fourrure et la robe de la mariée sont des indices du lieu très particulier où se situe cette scène. Mais les sourires, les regards des mariés pourraient être ceux de n’importe quels adolescents à travers le monde. Quand je regarde cette photo, je ne peux pas m’empêcher de penser à l’essence même de l’amour et du mariage. Toute photo, qui me fait penser, réfléchir, mérite d’emporter le prix National Geographic. Voilà donc la raison de mon choix. »

Photo: 2ème PRIX National Geographic  : Mariage  dans le quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem. Aaron et Rivkeh (18 ans) se rencontrent pour la première fois. Photographe : Agnieszka Traczewska

 

L’article complet est publié sur Tribune Juive

http://www.tribunejuive.info/distinction/le-mariage-de-mea-shearim-par-katy-bisraor

 

Les cent Juifs les plus influents du monde

Le journal israélien – Makor Rishon – ( tendance religieuse sioniste – orthodoxe libérale) a publié ce weekend, un supplément de quelques 150 pages, en édition de luxe bleu et argent pour présenter les cent Juifs les plus influents du monde et aussi une ”liste de la honte”. “La mode des classements” interpelle de plus en plus le monde juif. Le magazine juif américain The Algemeiner, avait lui aussi publié sa propre liste, il y a quelques semaines.

Dans la liste générale, Mark  Zuckerberg, le fondateur de Facebook est classé par le journal israélien comme la personnalité juive la plus influente au monde. On trouve ensuite Benjamin Netanyou (2), Shimon Pérès (3), Henry Kissinger (9), Steven Spielberg (11), Elie Wiezel (6), Woody Allen (12), l’économiste Stanley Fisher (26), le Rabbin Ovadia Yossef(45), l’écrivain David Grossman(36), les chanteurs Paul Simon (42), Leonard Cohen ( 31), Bob Dylan( 31), Barbara Streisand (46), l’ancien ministre de la défense Ehud Barak (47), l’écrivain Philippe Roth (26) et aussi le Rabbin Adi Steinstalz(49)

Le journal publie aussi cinq listes de chacune dix noms dans les domaines de la Science, avec les Prix Nobel de ces dernières années, du Droit avec  notamment les grands juristes israéliens comme les anciens présidents de la Cour Suprême, Aaron Barak et Dorit Benish, de l’art et de l’écriture, Dustin Hoffman, Amos Oz, de l’altruisme et de la contribution à un monde meilleur. Il s’avère qu’il y a plusieurs Juifs à la tête d’organisations importantes comme l’Unicef, avec son président Anthony Lake ou encore  Robert Bernstein, le fondateur d’Human Right Watch et une dernière liste des Juifs célèbres dans le sport.

Les Juifs Français

Deux noms seulement de personnalités françaises dans ces listes. Dans la liste des 50, Bernard Henry-Levy ( 31) et dans la le domaine de l’art Claude Lanzman.

Et juste rappeler que le “The Algemeiner” avait lui choisit sur sa liste quatre français, le Président sortant du Crif, Richard Prasquier, Philippe Karsenty, qui méne une lutte juridique et politique contre Charles Enderlin dans l’affaire Mohammed al-Durah,[le père Desbois et aussi BHL.

Hors liste

Mis à part la liste, le journal consacre un article aux dirigeants français d’origine juive en expliquant qu’aucun d’entre eux – contrairement aux leaders américains – n’a mis en avant son identité juive, comme Laurent Fabius, Pierre Mendès France, René Joël Simon Mayer et Michel Debré dont le grand père rabbin s’était convertit au christianisme explique le journal.

La liste de la honte

Deux français sur les quatre noms choisis dans la liste de la honte, DSK et l’ancien grand rabbin de France Gilles  Bernheim. Les deux autres noms de cette liste peu sympathique: Bernard Madoff et Anthony Weiner.

Et mon avis

J’ai choisi de vous raconter l’existence de cette liste, car elle existe. Ensuite parce qu’elle  a été réalisée par un grand journal israélien, qui a mobilisé pendant six mois une équipe de près de dix journalistes. Et de plus, le journal annonce son intention de publier régulièrement ce classement.

Et mes réserves. D’abord parce que le regard est subjectif, les auteurs connaissent très bien la scène anglo-saxone, bien moins le monde juif européen et francophone et encore moins le monde juif d’Amérique du Sud ou des pays arabes. Par ailleurs, doit-on ou non classer les Juifs sur une liste? Et autre question. Ce type de classement ne risque-t-il pas d’être exploité d’une manière subversive?

Dix ans avant la Shoah…

 

Les archives du mémorial du “Beit Lohamé Hagetaot” du kibboutz Lohamé Hagetaot mettent en ligne à l’occasion de ce Yom Hashoah 2013, un document inédit, de quelques deux cent pages écrit par un groupe de jeunes filles en 1929 à Varsovie. Des adolescentes de 15, 16 ans, membres du mouvement de jeunes sionistes de l’Hashomer Hastair, qui rêvent d’immigrer en “Palestina” et s’entrainent à parler l’hébreu et décrétent même des soirées où dire un mot en polonais est strictement interdit. Elles racontent dans ce carnet intime,  leurs préoccupations, leur quotidien, leurs craintes aussi de ne pas réussir à concrétiser leur rêve de vivre sur la “Terre des Juifs.”

Bracha a 15 ans. On la voit sur la photo, allongée, la seconde sur la droite. Elle écrit quelques pages. Puis une autre amie, puis encore une autre. Le tout est un témoignage unique d’une époque, où l’orage commençe à peine à gronder sans que personne ne réussisse à prévoir la tempête dévastatrice.  Toutes les amies de Bracha ont disparu dans la tourmente et les camps de la mort. Seule rescapée, Bracha, fait revivre aujoud’hui cette époque. Pour les jeunes israéliens et les jeunes juifs du monde entier, pour que rien ne soit oublié.

A lire certaines de ces pages, de ce quotidien d’adolescentes insouciantes, on pourrait presque croire, parfois, que les mots ont été écrits hier. L’identification est inévitable.  Et c’est là la force de ce journal.

D’Ethiopie à la neige de Galilée

 

 

Ils ont entre cinq et quinze ans. Il y a quelques mois, quelques semaines, ils sont arrivés d’Ethiopie, au centre d’intégration de Safed, sur les hauteurs de la Galilée. Suite à une décision du gouvernement israélien et de l’Agence Juive, d’amener en Israël les quelques milliers de Falashmouras  qui sont restés en Ethiopie, – Opération les Ailes de Jonas  –  quelques dizaines de familles sont intégrées toutes les quelques semaines, dans ce centre de Safed. Ce matin, première découverte avec la neige.

Les dames orthodoxes à la Mer Morte

 

C’était il y a quelques semaines dans un grand hôtel sur les bords de la Mer Morte. L’hôtel avait  été réservé par une  yeshiva lituanienne de Bné Brak. D’énormes panneaux de bois plantés sur les graviers et plongeant dans l’eau, séparaient  strictement la plage en deux. A gauche, pour les hommes, à droite pour les  femmes. Une à une, ou en petits groupes, elles sont arrivées avec leur ribambelle d’enfants.

En quelques minutes, elles ont changé leur robe stricte et leurs bas noirs en longs peignoirs de bain colorés, leur coiffe sombre ajustée sur des perruques, en bonnet de bain fleuri. Leur air sérieux s’est métamorphosé en sourire jovial, les mots pesés en conversations coquines sur les maris-enfants-belle-mère-ménage et “cholent”  de shabbat.

Assises en rond, au bord de l’eau, flottant comme des ballons sur la mer de sel, ces dames  impénétrables, dures et tranchantes, étaient devenues drôles, charmantes et  accueillantes. A chacune, de s’étaler de la boue noire et gluante sur le visage et les bras, à d’autres de faire  la planche à plaisir les yeux fermés face au soleil sur l’eau  immuable, et d’autres encore à prendre en peignoir une douche glacée en riant aux éclats.

Une très vieille dame ridée avait un bonnet de bain blanc et un peignoir bleu en s’aspergeant avec délice d’eau salée – la mère du rabbin de la yéshiva, me dira t-on plus tard –  expliquait avec enthousiasme à ses filles, belles-filles, petites et arrières petites filles: ” Mes enfants, remerciez Dieu, mais merci Dieu, pour ce bain de sel. Mais regardez ce que Dieu a fait. Une mer de santé.”

Dans le hammam évidemment strictement réservé aux femmes,  dans l’opacité des  vapeurs et l’humidité du spa, les conversations se sont faites encore plus ouvertes. “Mes études, mon travail… oui mais bien sûr avant tout, mon mari, mes enfants, mais ma carrière…, ma gym…. mon temps à moi…. et une autre de poursuivre, pour le bien de la famille,  l’épouse et la mère de famille doit être heureuse, satisfaite, accomplie…”. Presque le discours des féministes des années 70.

Je l’avais remarqué et écrit d’ailleurs sur ce Blog. La femme orthodoxe israélienne – certaines en tout cas – ont créé un modèle très particulier de  révolution féminine.  Une révolution de l’intérieur. Attachées scrupuleusement à leur croyance  et à leur famille, souvent fer de lance du respect de  la tradition religieuse, elles ont créé tout à la fois un espace d’indépendance, de liberté et de créativité.