Le grand-père de Shimon Pérès

 

 

Dans son discours d’investiture à la Knesset, lors de son élection à la Présidence de l’Etat d’Israël en 2007, Shimon Pérès, a raconté , sa dernière rencontre avec son grand-père maternel le rabbin Zvi Hirch Meltzer.

Le rav Zvi Hirch Meltzer, est le descendant du célèbre rabbi Haim de Volozhin, le sage de la ville de Valojyn au tout début du 19e siècle. Sa fille, la mère de Shimon Pérès épouse un des jeunes juifs militant du mouvement sioniste naissant dans la Pologne d’alors. “Nous n’étions pas religieux à la maison, je ne suis pas religieux” a raconté Shimon Pérès, “mais mon grand-père a influencé  toute mon existence, il m’a fait découvrir le monde juif, le monde de la yéshiva, les pages du Talmud, la bibliothèque juive, le judaïsme.”

Un jour, Shimon, avait alors 4 ans, toute la famille sous l’influence du grand-père se rend à Radin, la ville du célèbre Hafetz Haim, qui lui fait une bénédiction, de vivre de longs jours. ” Je crois que je suis arrivé à cet âge,” dit Shimon Pérès, le jour de ces 90 ans, “grâce à la bénédiction du grand sage qu’était le Hafetz Haim”.( Qui s’est d’ailleurs aussi éteint à l’âge de 94 ans, le 24 du mois d’Eloul, exactement comme Shimon Pérès).

En 1934, le père de Shimon Pérès est déjà en Palestine. Shimon, sa mère et son frère, quitte à leur tour la Pologne. Sur le quai du train, le rav Zvi, prend la main de son petit-fils, et lui dit ; “Shimon, n’oublie jamais, tu es juif, Shema Israël, rappelle toi, toujours, reste juif toujours.” 

“Je me rappelle encore la voix de mon grand-père “ racontera Shimon Pérès. Son grand-père ainsi que toute la famille de son père et de sa mère furent assassinés par les nazis, quelques années plus tard.

 

Photo Shimon Pérès et sa famille, son grand-père à gauche, Shimon est le troisième enfant debout à droite
Photo – Israel Photo Collection

Manitou en chanson

 

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“Pour moi chanter une chanson de Brassens ou un psaume de David, c’est la même chose, cela peut me donner le même frisson. »  dit Patrick Ayache.

Né à Paris en 1958, passionné de chanson depuis l’âge de 14 ans, Ayache fait son  alya en Israël à Mayanot, l’école de Manitou, le rav Léon Aschénazi  . Il écrit d’ailleurs sur Manitou,  une très belle chanson Toi le Maître. Depuis il donne de nombreux concerts en français et en hébreu.

A l’occasion de son prochain concert et de la soirée qui sera consacrée dans quelques semaines à Manitou au théâtre de Jérusalem, voici les paroles de la chanson dédiée à Manitou. 

Toi le Maître

(Paroles & Musique : Patrick- Shmuel Ayache)

Toi le Maître aux doigts étonnants

Toujours là entre deux voyages

Toujours à nous indiquer la page

Comme on le fait à un enfant,

Quelque part dans Jérusalem

J’ai grandi comme un bout de lierre

Dans cette belle maison de pierre

Où tu nous enseignais en ce temps.

Toi le Maître aux doigts étonnants

Tu as guidé de signe en signe

Tous ces vagabonds qui cheminaient

Tout seuls depuis trop longtemps,

Par les villes de pays d’Europe

Par des chemins d’Extrême-Orient

On revenait sans trop de raison

On rentrait tout juste à la maison.

Aux sources profondes de ton être

Assoiffés nous avons bu sans fin

Sans jamais étancher notre soif

Sans jamais apaiser notre faim.

Où sont- elles ces belles nuits d’étude

Qui nous manquent tant aujourd’hui

L’âme se rechargeait d’infini

Dans des mondes de plénitude.

Toi le Maître aux doigts étonnants

Toujours là entre deux voyages

Toujours à nous indiquer la page

Comme on le fait à un enfant.

Cet enfant qui reste au fond de nous,

Un enfant qui chante ton message

Et qui pense à toi tout simplement

Toi le Maître aux doigts étonnants.

 

Patrick-Shmuel Ayache  donnera un concert le mardi 13 septembre à 20h30 à la Synagogue Beth Yossef, 10,Rue Mekor Haïm dans le quartier de Bakaa à Jérusalem.

Mea Shearim

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Méa Shéarim a été maintes fois photographié. L’effervescence des rues, les immenses centres d’études talmudiques, les minuscules et ancestrales yéshivot, les mikvés d’antan, le tisch des rabbis, les hommes, portant chapeau et calotte noirs, les femmes aux longues robes poussant des poussettes, entourées par une ribambelle d’enfants, et celles au foulard noir, tout attire le regard du photographe.

Cette fois, c’est une jeune-femme française, Raphaëlle Abib qui photographie Méa Shéarim et qui expose à Jérusalem. Le regard est très particulier. Je lui laisse la parole :

” J’ai découvert le quartier de Mea Shearim lors de mon premier voyage en Israël. Soudain, j’ai eu envie d’aller vers l’inconnu, vers cette communauté qui vit selon ses propres codes, hors du temps et de notre modernité. Les habitants de Mea Shearim représentent aussi un visage du judaïsme qui m’est étranger et m’interpelle. Je n’ai pas l’habitude de photographier des inconnus, encore moins des personnes avec lesquelles je ne peux communiquer par les mots. J’ai volontairement choisi de travailler avec un objectif 50mm, qui oblige à faire des plans serrés. Pour réaliser certaines prises de vue, j’ai voulu affronter tantôt l’hostilité d’un regard, tantôt un geste de refus ou des paroles dont le ton se voulait blessant. J’ai senti combien tout regard étranger est vécu comme une tentative d’intrusion inacceptable. J’ai voulu braver l’interdit, pour tenter de lever un petit coin du voile, sur ces êtres qui traversent les rues de ce quartier de Jerusalem avec une détermination sans faille. J’ai aimé les saisir pendant ce moment unique de Pessah, où les couleurs, les rituels, les symboles, sont encore plus forts. De ce face à face, que sans mon appareil photo je n’aurais pas osé vivre, je suis sortie différente. ”

 

Raphaëlle Abib – Série de 23 photographies 61×51 cm, impressions pigmentaires sur papier Fine Art Hahnemühle Baryté 315 g. Edition limitée à 6 exemplaires, numérotée et signée. Prix de chaque photographie encadrée: 850 us$ ou 3000 NIS

31 mai – 28 juillet 2016

Municipality Gallery Jerusalem, 17 rue Yaffo

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La houmoussia Eliahaou

IMG_20160417_161438Il y a en Israël des endroits magiques. Où tout Israël se retrouve côte à côte sur les mêmes longues tables en bois, le petit génie qui travaille dans la zone high tech de Yokénam, des officiers de Tsahal en route vers la frontière libanaise, les deux copines du kibboutz religieux du coin avec leur bébé, l’arabe qui construit la nouvelle autoroute six, la secrétaire du maire, la ministre de la culture…

Autour d’un plat unique. Houmous, sésame, oeuf, graines, huile d’olives, olives noires, granité de citron, et café au hel. Tout pour moins de 25 shekels. Gourmet et santé. En direction du nord du pays, sur la route 70, à Yoknéam, demandez la Houmoussia Eliahou.

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La période rose-violet

 

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Le printemps a en Israël ses couleurs. Les arbres jaunes-rouges-dorés des automnes de Paris et de New-York sont rares ici. L’artifice des couleurs c’est pour le printemps. Et les arbres se donnent le mot. Il y a d’abord la période blanche des amandiers de Tubichvat. Puis quelques semaines plus tard débute la période rose-violet.

Ces jours-ci sur les routes d’Israël, on peut voir un peu partout des arbres rose-violet. Puis viendra la période jaune. Des milliers et milliers d’arbres jaunes annonceront l’approche de Pessah. Puis ce sera la période bleue, ces arbres magnifiques aux fleurs bleues du début de l’été.

Pour mes amis du Blog, j’ai pris cette photo sur la route qui méne de Modiin à Latrun. Dans ma voiture, j’écoute la radio. Le journal de 12h. De nouveau un attentat. La violence du quotidien de ces six derniers mois, l’enchainement tragique et insoutenable d’attentats et de vies qui s’éteignent dans le sang et la haine. Et mon regard a croisé les arbres roses-violets. Israël et ses contradictions, ses contresens. Sans que strictement personne n’ait de solution pour mettre un terme à ce conflit millénaire.

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Le musicien juif

Ce second album de ce chanteur de talent de 26 ans, s’inscrit dans le courant de la chanson israélienne de ces dernières années.

Ety Ankri, l’ancienne déesse de la soul music qui récite les poèmes liturgiques de Yehouda haLevy ; Shuly Rand, en complet sombre qui déclame Eicha et les textes des Lamentations sous les feux de l’amphithéâtre de Césarée  ; Amir Benayoun, casquette et barbe noires qui roucoule les intonations vibrantes de l’hébreu ; Shiri Maimon, la vedette mainstream, qui accompagne Shimon Bouskila dans le dialecte judéo-marocain si peu estimé par les élites des débuts ; Idan Raichel qui chante les Psaumes de David ; Koby Oz, le chantre de la musique pop qui compose Mon Dieu, et Elohai devient le tube d’un été.

Comme eux, Ishaï Ribo est rebelle à une culture unique, à un pays sans tradition, à une chanson chansonnette, aux textes faciles et aux images d’Epinal, opposé aussi à une tradition déshumanisée et aux coercitions. Ces chanteurs créent la nouvelle chanson d’Israël.

Phénomène à l’échelle planétaire, le réveil religieux a, en Israël sa propre causalité.  Les fondateurs de l’Etat hébreu avaient choisi la laïcité. Les sépharades, les traditionnalistes, les immigrants, les habitants de la périphérie, les jeunes — et à chacun ses raisons — ne se sont pas reconnus pas dans la culture dirigeante socialiste, rationnelle à outrance, séculière et laïque. Il fallait tout prendre ou tout laisser. Ils ont tout laissé. Ils sont devenus le second Israël.  La progression de la droite, motivée par les craintes sécuritaires, a également trouvé ses racines dans ces exclusions culturelles.

Ce mouvement de protestation des nouvelles générations s’exprime aussi par un retour aux sources juives. Sensible dans toutes les strates de la société, cet intérêt pour le judaïsme a commencé dans les salles de concert. Chanteurs, compositeurs, interprètes, ils cherchent des attaches et des amarres. En quête d’ancrages pour demain, il raccommode les déchirures du passé. Hésitant entre modernité et tradition, séculier et religieux, démocratie et royauté divine, Occident et Orient, rationnel et mystique, comme un funambule sur une corde raide le musicien juif avance à pas prudents, cherche une nouvelle identité et prend l’auditoire aux tripes.

Le musicien juif a entraîné son public dans son périple.

 

Shaming du rabbinat contre un mari récalcitrant

 

 

L’histoire débute il y a quatre ans. L’épouse d’Oded Guez se réfugie dans un abri pour femmes religieuses après des violences physiques graves et des sévices moraux. Le tribunal rabbinique qui en Israël jouit de la prérogative dans les affaires de mariage et de divorce, donne raison à l’épouse et exige du mari qu’il accorde le divorce, le guet à son épouse.

Selon la halacha, la remise du guet du mari à la femme, doit être pleinement consenti et ” un guet forcé” est considéré comme non valide. La cour peut donc exiger une remise de guet, prendre des mesures pour faire fléchir le mari récalcitrant, mais ne peut pas donner le guet à l’épouse à la place de l’époux.

Depuis 4 ans, Guez refuse de donner le guet à sa femme. Son épouse est une aguna, une femme qui se voit refuser le divorce ( en hébreu messourevet guet). Guez est professeur de physique à l’Université de Bar Ilan et un des responsables du département toranique (!). L’université l’a suspendu de ses fonctions d’enseignant il y a un an. Malgré cela, le refus de guet est resté tel quel. La Haute Cour rabbinique a donc décidé de publier non seulement le nom du mari mais surtout sa photo. La publication d’une photo dans un cas de divorce, aussi tragique soit-il est une décision très rare de la part d’un tribunal rabbinique. Par ailleurs, le Beit Din appelle la communauté à exclure Guez de toute vie sociale et surtout de la vie religieuse, de ne pas le faire monter à la Torah, ni même de l’inclure dans un minyan, dans la prière des fidèles de n’importe quelle synagogue en Israël et dans le monde juif.

En d’autres termes, shaming de la rabbanout contre un mari récalcitrant.  Ce qui est intéressant, c’est que ce feu vert du Beit Din est relayé par tous les réseaux sociaux. Depuis quelques heures, la photo d’Oded Guez est dans tous les réseaux sociaux israéliens.  Facebook aiderait-il au combat des “messouravot guet”. Une nouvelle date a été fixée pour le guet. Pour l’heure, Guez continue à refuser. A suivre.

Sur cette mesure décidée par le Beit Din, une explication halakhique : La possibilité de ” faire honte ” , connue dans le droit britannique sous le nom de “name and shame”, est une mesure ancestrale du droit hébraïque datant du 12è siècle et connue sous le nom de ” harkhakot déRabbénou Tam”  “הרחקות דרבנו תם”.  Rabbénou Tam, grand commentateur du Talmud et tossafiste français  est le petit fils de Rachi. Dans le ” sefer hayashar le Rabbénou Tam”, (helek hatechouvot, siman 24), sont détaillées les mesures qui peuvent être prises pour faire honte au mari récalcitrant et lui imposer ainsi de donner le guet à sa femme. En 2016, les rabbins ont utilisé les décrets du sage du 12è siècle, tout en les adaptant à l’ère de facebook et des réseaux sociaux.

 Autre question qui doit être posée. Le Rabbinat d’Israël aurait-il décider de mener une politique plus agressive face au problème douloureux des agunot. Il y a une semaine, le grand rabbin d’Israël, le rabbin David Lau, a tranché dans une affaire de divorce qui durait depuis huit ans, imposant la remise du guet, avant le règlement des questions financières. Le chantage n’est pas acceptable écrit le rav Lau, ( Je te donne le guet si tu me laisse la maison etc.) En cas de conflit financier, désormais, le mari doit d’abord donner le guet. Une autre procédure, totalement séparée de la remise du guet, sera ouverte sur le partage des biens. De la part du rav Lau, affilié au courant ultra-orthodoxe, c’est une décision courageuse. Jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de juges permettaient un report du guet tant que les conflits financiers n’étaient pas réglés. Parfois, cela prenait des années. Le rav Lau réussira t-il à changer les normes ?

Artzi et Dikla

Shlomo Artzi sort un nouveau disque avec la chanteuse Dikla, révélation de la chanson israélienne de ces dernières années.

La victoire de Rita

 

Rita Berkovitch a 83 ans. A 9 ans elle a connu l’horreur des pogroms,  la guerre, les nazis. Elle a vu son père battu. Elle a connu l’effroi face à un nazi. Puis elle est venue en Israël. Elle a aujourd’hui 8 petits-enfants et elle est la reine de beauté d’un concours très spécial organisé chaque année à Haïfa. Miss rescapée de la Shoah. Au début décrié, ce concours a au fil des années convaincu.

Rita le soir de son succès nous a dit : ” C’est notre message. Nous avons connu l’innomable, la mort, la guerre. La vie aussi n’a pas toujours été facile. Ces dernières années, j’ai perdu mon mari, puis mon fils ainé a succombé à un cancer. De la peine terrible, je me suis relevée. J’aime la vie, le soleil, Israël, les enfants dans la rue, mes petits-enfants, leurs amours, leurs combats, leurs rêves. Viva Israël, Vive la vie !!! “

Photo du Haaretz

Am Israël Haï

 

Am Israël Haï a dit la mariée sous la houpa.

Il y a deux semaines, le père de la mariée, le rav Litman et son frère de 18 ans, Natanël, sont assassinés sur le chemin du shabbat hatan, ce shabbat fêté par les communautés ashkénazes, à la veille du mariage. La robe blanche est restée suspendue sur le lustre de sa chambre et la fiancée est assise à terre, la chemise déchirée.

Mais Am Israël Haï ont décidé les fiancés : ” Le peuple juif vivra. Vous voulez nous assassiner. Nous continuerons à vivre, à construire et à espérer. Vous voulez nous tuer. Nous vivrons dans la joie “. Jeudi soir, Sarah Thria Litman s’est mariée à Jérusalem.  Les images de ce mariage avec l’autorisation du Israël Hayom.

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